La veuze dite « Gillet », par Thierry Bertrand

La veuze dite « Gillet », par Thierry Bertrand
Cet instrument, exposé aujourd’hui à l’écomusée du Daviaud, est une des premières veuzes anciennes retrouvées dans le cadre des recherches de l’association des Sonneurs de Veuze, créée en 1976. Elle fut découverte, à cette époque, par Christophe Perrodeau (l’un des fondateurs de Sonneurs de Veuze), auprès d’une famille de Bourgneuf-en-Retz (44) et en 1984, mise en dépôt auprès d’Arexcpo qui l’a confiée à l’écomusée.
 
Cet instrument présente un intérêt tout particulier voire symbolique, puisque c’est la seule veuze ancienne conservée, provenant de la région du Marais Breton Vendéen[1]. à ce titre, j’ai essayé, dès 1976, de rassembler le maximum de renseignements sur l’histoire de cette veuze. En voici, en résumé, quelques résultats.
 
A quel sonneur appartenait cette veuze ?
Les témoignages recueillis auprès des détenteurs attribuent cet instrument à Louis Gillet, originaire de Froidfond et installé à Saint-Père-en-Retz (44) comme ferblantier. Il acheta cette veuze au début du XXe siècle, à un sonneur des environs de Froidfond.
 
Les témoignages oraux que m’ont fournis les personnes très âgées de la commune de Froidfond attestent bien la présence de la famille Gillet, dont la profession était le travail du métal. Ce détail m’est confirmé en consultant l’Annuaire administratif de 1890-1891[2]. Mais ces mêmes témoins ne mentionnent pas Louis Gillet, ni même un membre de sa famille comme sonneur de veuze. Louis Gillet ne fut donc pas un sonneur, comme le prouve d’ailleurs la poche d’origine sur laquelle je reviendrai. Quel est donc le sonneur qui jouait de cette veuze ? Malgré mes recherches acharnées de l’époque, aucune réponse précise ne peut être donnée aujourd’hui. Malgré tout, en tenant compte des risques d‘erreurs liés à l’ancienneté du sujet, il m’est possible de proposer quelques noms de sonneurs, par déductions des informations recueillies entre 1976 et 1987. Nous y reviendrons pour une autre édition.
 
Description de la veuze dite « Gillet »
Cet instrument a été découvert incomplet, mais dans un très bon état de conservation. Les différents éléments qui la composent ont été retrouvés démontés, ne permettant donc pas d’en jouer sans une restauration.
 
L’étude de la totalité des veuzes anciennes retrouvées à ce jour m’a permis de comparer les différents types de fabrication et d’effectuer des rapprochements entre les instruments originaux. La veuze « Gillet » est donc de même facture, du même atelier, probablement situé à Nantes, que la veuze « Halgand »[3], « Rouxel »[4] ainsi que des éléments d’une veuze conservée au musée de Montluçon.
 
Thierry Bertrand
 
Pour en savoir plus :

[1] Il est possible qu’une deuxième veuze du Marais soit encore conservée, celle de François Cormier, qui a habité à la Sorlière proche de Froidfond, avant de s’installer à Challans. Sa veuze fût achetée par Alain d'Aizac, collectionneur et amateur d’antiquités. Son instrument est parfaitement identifié, j’ai eu l’opportunité de mesurer une veuze, aujourd’hui conservée en Angleterre, qui est, à mon avis celle de Cormier.
[2] Registre des maréchaux-ferrants, page 132. Annuaire administratif, statistique, commercial et industriel du département de la Vendée, 1890/1891. Archives Départementales de la Vendée.
[3] Halgand, l’Île Ollivaud, Presqu’île Guérandaise.
[4] Julien Rouxel, Rochefort-en-Terre, (1894-1914).
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